Article et interview réalisés par Marie-Line El Haddad
Danseur pour BTS, Stray Kids, NCT 127, THE BOYZ ou encore Jay Park, JELLO s’est construit en près de dix ans une solide expérience dans les coulisses de la K-Pop. À l’occasion de sa première tournée de cours en Europe, qui débutera en France le 17 octobre, il revient pour Blender sur son parcours, son évolution et cette envie qui guide désormais son enseignement : transmettre avant tout le plaisir de danser.
Si son nom reste encore peu connu du grand public, JELLO évolue depuis près de dix ans dans les coulisses de certaines des productions les plus visibles de la K-Pop. De son vrai nom JEONG Si-Eon, le danseur coréen a fait du hip-hop, entre freestyle et chorégraphie, le socle de son identité artistique. Un style vif, rebondissant et énergique, auquel il cherche avant tout à imprimer sa propre manière de bouger.
Clips, concerts, émissions télévisées, cérémonies de remise de prix ou encore battles : depuis ses premières expériences professionnelles, JELLO multiplie les terrains de jeu. Dès 2017, il apparaît notamment comme danseur dans le clip de « MIC Drop » de BTS. Suivront, entre autres, des collaborations avec NCT 127, THE BOYZ, Jay Park ou encore Stray Kids.
Une trajectoire d’autant plus intéressante que la K-Pop n’était pas, à l’origine, un univers vers lequel il se tournait naturellement. « Pour être honnête, au départ, je ne m’intéressais pas vraiment à la K-Pop, donc je ne savais même pas vraiment qui étaient les artistes avec lesquels je travaillais », reconnaît-il. C’est en les côtoyant et en observant leur évolution qu’il commence progressivement à s’intéresser davantage à cette industrie. Avec le recul, il mesure aussi différemment certaines de ces expériences : « Cela m’a fait réaliser, encore et encore, à quel point c’était un honneur d’avoir pu travailler avec eux. »
Parmi ces collaborations, celle avec Stray Kids s’inscrit particulièrement dans la durée. JELLO croise une première fois la route du groupe en 2019 sur le clip de « MIROH », avant de les retrouver quelques années plus tard pour « TOPLINE », puis « Run It » en 2026. Autant de projets qui lui ont permis de voir évoluer le groupe tout en poursuivant, en parallèle, son propre chemin de danseur.
Car travailler dans la K-Pop lui impose aussi de sortir de ses habitudes. Issu du hip-hop freestyle et de la chorégraphie hip-hop, JELLO explique avoir dû s’adapter à une approche beaucoup plus codifiée de la performance. « Au début, c’était très difficile pour moi », confie-t-il. Au contact des artistes et des différentes équipes, il apprend progressivement les mouvements et les codes propres aux performances K-Pop. Une confrontation avec des styles parfois très éloignés du sien qui lui permet, selon ses propres mots, de véritablement « passer à un niveau supérieur ». Il apprend également à mieux comprendre les méthodes de travail de cette industrie et la manière d’aborder plus facilement ses différents projets.



Grandir avec la danse
Cette évolution ne se limite pourtant pas à sa technique. D’abord réservé au début de notre échange, JELLO se dévoile progressivement au fil de la conversation. Une retenue qui fait presque écho à celui qu’il dit avoir été à ses débuts.
« À l’origine, j’étais quelqu’un de plutôt timide, mais je suis devenu beaucoup plus extraverti et plus à l’aise avec les autres », raconte-t-il. Une transformation qui s’est construite au fil d’un métier où rien n’est jamais totalement acquis.
JELLO ne cache d’ailleurs pas les doutes qui ont pu accompagner son parcours. Face à l’incertitude d’une carrière de danseur professionnel, il s’est longtemps demandé s’il pouvait suffisamment croire en lui pour continuer à avancer dans cette voie. Avec le temps et les expériences, ces interrogations ont progressivement laissé place à davantage de détermination et de persévérance. « Je suis aussi devenu quelqu’un de beaucoup plus positif », résume-t-il.



Transmettre le plaisir de danser
Aujourd’hui, cette expérience ne se vit plus uniquement sur scène ou devant les caméras. Depuis plusieurs années, JELLO endosse également le rôle d’instructeur. Une autre facette de son travail dans laquelle la relation avec ses élèves occupe une place essentielle. Il évoque avec affection ceux qui reviennent suivre ses cours et le plaisir qu’il trouve simplement à pouvoir danser avec eux.
Mais derrière cette convivialité se dessine aussi sa manière d’envisager la transmission. « Ce que j’ai surtout envie de leur transmettre, c’est la manière de prendre du plaisir en dansant », explique-t-il.
En Corée, raconte JELLO, de nombreux jeunes danseurs suivent un apprentissage très académique, notamment lorsqu’ils se préparent à des concours ou à des examens d’entrée. Sans opposer cette formation à sa propre approche, le danseur préfère mettre l’accent, dans ses cours, sur une dimension plus instinctive : celle du plaisir. Apprendre à maîtriser un mouvement, certes, mais sans oublier ce qui donne envie de danser. Il cherche ainsi à transmettre à ses élèves une façon de danser à la fois libre, plaisante et pleine de style.
C’est cette approche que JELLO s’apprête désormais à emmener au-delà des frontières coréennes. À partir du 17 octobre, le danseur entamera sa tournée européenne par la France, avec des cours prévus à Saint-Brieuc, Montpellier, Toulouse, Strasbourg et Paris. Il poursuivra ensuite son parcours en Suisse, en Belgique, au Luxembourg, en Allemagne puis en Finlande, où la tournée s’achèvera à Helsinki le 21 novembre.

Une première expérience européenne qui semble l’enthousiasmer autant pour ce qu’il pourra transmettre que pour ce qu’il espère lui-même découvrir. Car JELLO ne présente pas cette tournée comme un échange à sens unique. Il souhaite observer « la passion et les efforts » des danseurs européens, mais aussi découvrir leur manière de vivre la danse. « J’ai envie de voir comment ils prennent du plaisir en dansant et en quoi leur manière de le faire peut-être différente de celle des danseurs coréens », explique-t-il.
De ses premières expériences dans les coulisses de la K-Pop à cette nouvelle étape européenne, JELLO continue ainsi d’explorer différentes façons de danser, mais aussi de transmettre. Performer, apprendre, enseigner : des rôles qui se répondent désormais dans son parcours, avec le plaisir de danser comme fil conducteur.
Pour cette première rencontre avec le public européen, son ambition reste finalement simple : partager un moment autour de la danse. « J’ai hâte de tous vous rencontrer, de transpirer et de danser ensemble, et surtout de créer de beaux souvenirs avec vous », lance-t-il avant une dernière invitation : « Venez vous amuser et danser avec moi ! À très bientôt ! »



